Le Taekwondo

Art Martial ancestral codifié en Corée dans les années cinquante, le Taekwondo est introduit en France en 1969. Affilié successivement à la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées (F.F.J.D.A) puis à la Fédération Française de Karaté et Arts Martiaux Affinitaires (F.F.K.A.M.A), il a depuis 1994 sa propre fédération délégataire et autonome: la Fédération Française de Taekwondo et Disciplines Associées (F.F.T.D.A). Le Taekwondo est aussi et surtout une philosophie et un code de conduite basé sur la patience, le courage, la maîtrise de soi, la modestie et le respect d’autrui. C’est un art qui permet d’acquérir la faculté de concentration et le perfectionnement physique. Il permet de maintenir et de développer la souplesse innée chez l’enfant. Il développe la latéralisation et l’équilibre, draine l’énergie et canalise l’agressivité.Les risques physiques sont faibles au Taekwondo. Il n’y a pas de contact en dessous de 10 ans; passé cet âge, les coups sont portés mais exclusivement au plastron. Les combats et les entraînements au combat ont lieu avec des protections (casque, plastron, coquille, protège-tibias et avant-bras). Un professeur de Taekwondo doit avoir une formation au niveau technique mais aussi pédagogique. Il est important de choisir un club avec une structure solide et des enseignants à la hauteur.

Le Taekwondo recherche l’harmonie du corps et de l’esprit. Tout en développant Force et Vitesse, le Taekwondo améliore le fonctionnement du coeur et la respiration (épanouissement du corps). De ce fait, il génère une plus grande confiance en soi dans tous les domaines aussi bien physiques qu’intellectuels. C’est également une école de modestie et de politesse à l’égard de ses interlocuteurs, qui permet d’inspirer confiance et respect, et d’affronter l’injustice morale avec courage. Son application sportive destinée à l’origine à un simple test d’autoévaluation technique, connaît un succès tel qu’il est désormais un sport Olympique depuis Sydney en Septembre 2000.

Une philosophie et un code de conduite basés sur la patience, le courage,

la maîtrise de soi, la modestie et le respect d’autrui.

Les origines

On situe entre 2400 et 2300 ans avant J.-C. l’arrivée, dans la péninsule de l’actuelle Corée, de descendants des tribus « Toungouse ». Venant de Sibérie et de Mandchourie, ils sont les initiateurs d’une culture spécifiquement coréenne. Suivirent l’apparition de tribus qui développaient des exercices physiques essentiellement destinés à l’autodéfense. En 57 avant J.-C., après de nombreuses luttes fratricides, le pays se partageait en trois royaumes distincts: KOGURYO, PAEKIE et SILLA. À Kyongju, l’ancienne capitale de Silla, deux statues bouddhiques, gravées sur la tour géante de Kumgang à Sikuram, représentent deux géants s’affrontant dans un position de Taekwondo. Ce temple, âgé de près de deux mille ans, est le témoin du développement du Taekwondo antique. Il y a environ 1400 ans, sous le règne de Ching Heung de Silla, les jeunes officiers, après une épreuve de Taekwondo, étaient sévèrement sélectionnés pour former un groupe d’élites. Dans le but de défendre leur roi, ces élites pratiquaient et étudiaient cet art martial afin de découvrir quelles positions offensives et défensives leur donnaient le meilleur avantage. Ils créèrent finalement un type de lutte nommé Soo Bat. Sous le règne de la dynastie Koguryo, le Taekwondo conserva sa popularité. En 918, la dynastie Koryo prit le pouvoir et modernisa le Taekwondo dont l’apprentissage était réservé aux militaires.
Au 13ème siècle, la Corée fut rattachée à la Chine. Le Kung-Fu et le Taekwondo se côtoient alors et s’influencent pendant près d’un siècle. Après le retour à l’indépendance et l’avènement de la dynastie Ye en 1392, le Taekwondo prit un tel essor dans la population qu’il fut déclaré sport national tout en se voyant accorder une place importante dans l’appareil militaire coréen. Cependant, dans la deuxième moitié de la période Ye, suite à des querelles politiques internes, l’importance du Taekwondo déclina, pour ne subsister, à la fin du 19ème siècle, que sous la forme d’activité récréative.

Notes du superviseur

Le taekwondo ou «la voie du pied et du poing» (Tae : le pied / Kwon : le poing / Do : l’esprit ou la voie) possède de nombreux axes de travail offrant ainsi plusieurs voies d’accès à la discipline. Régulièrement, aussi bien au niveau technique que dans sa représentation en compétition, des réflexions et des changements sont apportés à la pratique. Il est donc nécessaire pour tout pratiquant désirant reprendre après une pause dans l’apprentissage, de pouvoir se remettre en question afin d’assimiler les orientations apparues entre-temps. Comme précisé, le taekwondo de par sa diversité implique que chaque club peut impulser sa propre vision de l’art martial en fonction (en général) des axes de recherche du corps enseignant. Car effectivement, il n’y a pas de connaissance absolue à transmettre mais seulement une réflexion portée autour et par un collectif avec son lot d’erreurs et de corrections. C’est du moins ce chemin que nous avons choisit d’emprunter au sein de la F.C.A.T.  

LES AXES DE TRAVAIL DANS L’APPRENTISSAGE DU TAEKWONDO :

Reposant sur une certaine explosivité des mouvements, c’est tout un travail sur le corps et l’esprit qui est proposé à l’élève. Outre une action sur les qualités physiques (coordination, puissance, souplesse, endurance, etc.) et morales (respect, tolérance, discipline, etc.) inhérentes à notre art martial, je me suis risqué à vous détailler de manière plus spécifique les capacités développées en fonction des grandes familles d’exercices abordées en taekwondo.  

// LE TRADITIONNEL

Le non-initié ne le sait pas forcément mais le taekwondo possède aussi son lot de techniques d’attaques au poing, de mises au sol, de soumissions…Il requiert une certaine maîtrise interne comme la respiration, la visualisation et la majorité des taekwondoïstes orientent finalement leur pratique sur ce que nous appelons le travail traditionnel :

• Poomsee (« kata » en japonais ou « tao » pour les chinois). Enchaînement de techniques et de déplacements suivant un diagramme pré-défini où une recherche intérieure est indispensable pour la compréhension des mouvements. › Qualités humaines travaillées : patience, perfectionnisme, concentration, persévérance.

• Han Bon Kyorougi : échange de techniques avec partenaires (une attaque pré-définie, une riposte soit codifiée, soit libre). Ici on replace le bagage technique (généralement travaillé dans le vide) face à des situations variées nécessitant des adaptations pour en éprouver l’efficacité. › Qualités humaines travaillées : perfectionnisme, adaptation, créativité.

• Hoshinsoul : techniques de self-défense permettant d’explorer et de découvrir tout un nouveau panel de techniques (clé, mise au sol).

Même si un programme rigide est imposé pour l’obtention de la ceinture noire, il permet pendant les cours une plus grande amplitude de travail. › Qualités humaines travaillées : analyse, créativité, minutie.  

// LES TECHNIQUES DE JAMBE

Principale spécificité du taekwondo, nos tchagi (coup de pied) sont qualitativement reconnus même par les autres disciplines. Bien que dans l’absolu être souple présente un certain avantage (tout comme être grand, fort, athlétique, etc.), la préparation physique et mentale fait évidemment partie du travail : chaque profil dispose d’un potentiel à découvrir et de capacités à développer. Une fois le processus de travail des techniques de jambe en place, qu’en fait-on ?

• Kyokpa : la casse ! Pour beaucoup, l’épreuve de la casse représente un vrai challenge pour éprouver sa technique. Plus que la casse de puissance, nous nous focalisons plutôt ici sur la casse technique. Avec une complexification des frappes (540°, 720°, avec appui, etc.), nous nous rapprochons ici de l’acrobatie en donnant la priorité au côté visuel et spectaculaire du taekwondo. Évidemment un certain élitisme est requis et ce travail est la plupart du temps symbolisé par la frappe sur raquette. › Qualités humaines travaillées : concentration, confiance, rigueur.

• Kyoreugi : le combat. Plébiscité par les uns, craint par d’autres, il nous semble cependant évident que l’évolution d’un taekwondoïste ne peut se soustraire à une certaine efficacité dans l’utilisation des techniques apprises. Le combat en club est le premier test pour éprouver ses acquis, les rencontres inter-club quant à elles ajoutent une certaine inconnue liée aux sparrings. Enfin, la compétition reste l’épreuve absolue pour qui souhaite apprendre sur son taekwondo. › Qualités humaines travaillées : courage, confiance, force de caractère, humilité.

Addenda sur les tranches d’âge :

Au niveau des compétitions combat, il y a près de 14 catégories d’âge allant de poussin 1 (5ans) à vétéran 3 (+40 ans). Avec une grande différence entre elles : avant 9 ans (cat. benjamin 1), il n’y a pas de contact et les combats s’appellent des assauts. Là encore, chaque pays a sa propre logique d’apprentissage et certains pays autorisent le contact dès 6 ans. À partir de benjamin, le combat au plastron est autorisé avec des règles qui évolueront avec l’âge.

› Pour des informations complètes: http://www.fftda.fr/fr/16-competitions.html

Même si nous aspirons à pouvoir aborder de manière équitable toutes les spécificités du taekwondo, il apparaît que pour l’instant c’est tout de même le combat (sans forcément parler de compétitions) qui mobilise la plus grande partie de nos forces. Reste ensuite à l’élève de s’efforcer de n’ignorer aucun des différents aspects du taekwondo même s’il décide d’investir ses efforts spécifiquement dans l’un. L’obtention de la ceinture noire ne doit souffrir d’aucune faille.

Le taekwondo, en tout cas nous le défendons comme tel, se veut être un art martial moderne, ouvert et donc accessible au plus grand nombre (un des plus répandu dans le monde). Sa pratique offre à ceux qui s’y investissent la possibilité d’exprimer ce qu’ils ont de meilleurs en eux et souvent d’une manière dont ils ne se soupçonnaient pas capables. Nos structures ont été voulues comme une famille qui chaque année voit venir de nouveaux membres partager nos aventures.

NGUYEN Huu-Thanh